Les Wriggles - Le bouillon
Dimanche[ 14h00. Mon frère me réveille "Antoine on mange". Et merde, comme tous les dimanches, j'ai encore loupé le petit déj', l'odeur des croissants chauds, la tiédeur du chocolat qui fulmine encore un peu dans le bol, le plaisir de prendre son temps, les tartines de nutella, le silence... Dimanche prochain je mets le réveil (Oui oui on y croit tous...) Je m'habille en deux minutes top chrono et me voilà à table.Tous ces fucking dimanche j'ai le droit à la même chose: Repas de famille. J'adore descendre l'escalier et découvrir 8 personnes qui m'attendent à table. Faut dire qu'avec mes yeux rouges, ma gueule de bois, mes 6 épis, le bas de mon pantalon rentré dans ma chaussette et mon col mal mis, je ressemble plus à un SDF qu'à un petit fils ou neveu modèle... Bref, discrètement, je m'incruste à table et découvre avec joie le plateau d'entrée: Saucisson, pâtés, rillettes, cornichons. En temps normal, je saute dessus ! Mais avec ma gueule de bois, j'ai plutôt envie d'eau à vrai dire. Et puis le pâté, au p'tit déj'... Ça te met les papilles gustatives en kit pour le reste du repas ! Donc bon je m'enquille 5 verres d'eau (Bizarrement c'est toujours moi qui vais remplir le pichet lors de ces repas) Puis le plat principal, puis l'envie de retourner à ma couette, puis la somnolence qui prend le dessus... Vient le fromage, j'ai pas touché à mon assiette mais tant pis. Je prends pas de fromage non plus, je vais dans le cuisine, pique un paquet de cookies (nougatine) et monte dans ma chambre "appelez moi pour le dessert". 16h00 Ils prennent le café, il ne reste plus de dessert "on voulait pas te réveiller". Bon ok j'ai compris, je prends une bonne douche (la meilleure de la semaine celle du dimanche), sors m'aérer puis décide d'aller piquer une tête dans ma magnifique piscine. C'est en général à ce moment là qu'il se met à pleuvoir... Tant pis j'remonte dans ma chambre, allume le PC et finis mon paquet de cookies. Windows live messenger, ma drogue. Là en général t'as des pseudos du style "Trop canon la soirée hier" ou "P'tin je me rappelle de rien xD". Face book. Je découvre des photos d'une soirée dont je ne me rappelle pas. Normal, c'était la veille. Je tente de me remettre la nuit dernière et là les souvenirs affluent, le sourire me monte aux lèvres puis redescend quand j'ouvre mon porte monnaie... Comme tout le monde je modifie mon message perso MSN. Les premières personnes viennent te parler. Il pleut toujours dehors. "tu t'es remis", "t'es rentré comment?", "t'étais mort hier soir ^^" Merci je suis au courant... Un petit aperçu sommaire des ski-rocs et autres fesse-bouc me rassure car je vois que je n'étais pas le seul. Les discussions s'amoncellent, les pseudos changent toutes les 5 minutes, les commentaires sur les photos coulent à flot... Des nouveaux couples, ou au contraire des ruptures, des décisions éphémères d'arrêter de boire, de fumer, de se mettre à travailler, de ne plus sortir, et pour moi une envie que ça recommence tous les weekends, une envie d'eux, une envie d'elle et surtout un souvenir de plus à classer "soirées mémorables". Vient le moment tant attendu du dîner. A peine à table "t'as bossé faignant?" Oui oui... Trop la dalle, je mange tout ce qui me passe par la main, débarrasse mon assiette, me brosse les dents, me prends une bouteille d'eau et m'enferme à double tour dans ma chambre. Il pleut de plus en plus fort. Mince tout le monde est parti, nous ne sommes plus que quelques rescapés du net. Un sentiment de solitude commence profondément à naître en chacun de nous, les pseudos se mettent à pleurer "en bad", "déprime se soir", "coup de blues". On dirait une convention. Et le pire, c'est qu'entre rescapés, on se refile notre déprime en se confiant, en échangeant nos p'tits problèmes qui en s'accumulant finissent par peser lourd... Ça y est il est minuit passé, j'écoute du ben harper, une clope à la main, la fenêtre ouverte, je pleus à mon tour... Le passé remonte à une vitesse vertigineuse, en 10 minutes je passe du terrain de foot d'Ormes au collège d'Ingré en passant par le toit du gymnase. Toutes ces têtes que je ne reverrais sûrement jamais défilent sans cesse dans ma tête. Une deuxième clope. Il ne pleut plus dehors, on voit les étoiles, je m'assois à ma fenêtre, les pieds dans le vide, la tête dans les étoiles. Retour sur l'ordi, quelques fenêtres toujours ouvertes dont la fidèle et compatissante Adeline et la confidente Margaux qui accompagnent mes insomnies (Adeline plus longtemps j'avoue, mais à quel prix! V'la les siestes en cours le lendemain!). Quelques minutes, quelques heures de discussion à parler de tout et de rien, de philosophie, de psychologie et même de poésie! Une petite absence, une petite clope, un petit regard au ciel qui reflète dans mes yeux ce passé tant convoité, ceux qui nous ont quitté, cette vie fantasmée... Je reviens, je pleus dans ma chambre cette fois. Heureusement msn est ton ami, vive les personnes qui remontent le moral à 3h du mat'... Malheureusement je prends toujours la mauvaise décision d'aller me coucher. Décision tellement hypocrite que maintenant je ne me déshabille même plus pour aller me coucher, sachant que je me relèverais dans 5 minutes grillé une tige. Et j'enchaîne, je fume, l'ipod sur les oreilles, du Cold Play en fond. J'en ai marre de la musique, je profite du silence de la campagne de Saint denis en Val (faut bien que ça serve de déménager à la campagne). J'aime entendre le crépitement de la cigarette qui se consume et je sais qu'il y en a au moins un voir plusieurs qui connaissent ce plaisir du fumeur solitaire... Puis après avoir repensé à tout ce que j'ai laissé derrière moi, au temps qui s'est écoulé, aux souvenirs maintenant trop éloignés, après avoir tant plu, tant pensé et tant déprimé... C'est ce sentiment indescriptible qui tous les dimanches sans exception me traque, mélange de nostalgie, mélancolie, appréhension, déprime, incertitude, ignorance, solitude... La pluie commence à peine à sécher, mais il faut aller à se coucher car garde à l'humide rosée ! Il est 4heures du matin. Dans 2 heures et 20 minutes je me lèverais toujours autant en bad pour aller au lycée, puis les frimousse de l'arrêt de bus me mettront de bonne humeur, je m'endormirais dans le bus comme chaque lundi matin, de la pluie séchée plein le visage, puis Anaïs me reveillera. Retour à la normale, les amis, les cours mais aussi les délires et les conneries qui me feront oublier cette triste soirée ma foi pas si terrible que ça en soi.
Une furieuse envie d'écrire...
[ Le passé qui revient, remet de la pluie sur la pluie ]